COPPOS-HAITI ET ALLIES

Coalition des Partis Politiques et des Organisations Socio-Politiques et Alliés

Actualite

COMMUNIQUÉ DE PRESSE #001

Événement • 20/05/2026

Événement

COMMUNIQUÉ DE PRESSE #001

COMMUNIQUÉ DE PRESSE #001

COMMUNIQUÉ SUR LA CONJONCTURE SOCIO-ECONOMIQUE, SECURITAIRE ET ELECTORALE ACTUELLE DU PAYS.

COMMUNIQUÉ SUR LA CONJONCTURE SOCIO-ECONOMIQUE, SECURITAIRE ET ELECTORALE ACTUELLE DU PAYS
Face à la dégradation accélérée de la situation nationale, marquée par l’effondrement sécuritaire, l’asphyxie économique et l’impasse politique, la Coalition des Partis Politiques et des Organisations Socio-politiques et Alliés (COPPOS-HAÏTI ET ALLIÉS) élève la voix avec gravité, lucidité et sens des responsabilités pour interpeller directement les autorités de l’État.
Le pays est aujourd’hui au bord d’une rupture totale de l’ordre public et institutionnel. L’inaction, les hésitations et l’absence de décisions fortes exposent la nation à un basculement irréversible. Depuis plus de quatre (4) ans, les routes nationales reliant la capitale au reste du pays sont bloquées, paralysant les échanges, isolant les régions et aggravant la crise humanitaire.
Parallèlement, les institutions carcérales se sont effondrées : les prisons ont été attaquées, détruites ou vidées, laissant environ quatre-vingt-dix pour cent (90 %) des détenus en fuite. Cette situation constitue une menace directe pour la sécurité nationale et traduit une perte totale de contrôle de l’État sur des fonctions essentielles.
Depuis plus de dix-sept (17) mois, les piles d’immondices occupent la majorité des rues de la capitale ainsi que celles de grandes villes du pays. Cette insalubrité généralisée aggrave les risques sanitaires et reflète l’incapacité des autorités à assurer les services publics de base.
Par ailleurs, des milliers de familles vivent encore sous des tentes, dans des conditions précaires et indignes. Jusqu’à présent, aucun effort concret, structuré et durable n’a été entrepris pour leur permettre d’accéder à un logement décent. Cette situation prolongée met en évidence l’absence de politiques sociales efficaces face à l’urgence humanitaire.
Les enfants, privés d’école, grandissent dans un environnement de violence et de chaos, mettant en péril l’avenir même du pays. Cette situation constitue une faillite majeure de la mission régalienne de protection des citoyens.
À cela s’ajoute une réalité préoccupante : jusqu’à présent, dans plusieurs sections communales, des écoles nationales fonctionnent sans infrastructures adéquates, où les élèves ne disposent même pas de bancs pour s’asseoir. Dans la grande majorité des écoles publiques du pays, les matériels didactiques font cruellement défaut, ce qui affecte gravement la qualité de l’enseignement et les conditions d’apprentissage.
Sur le plan sécuritaire, la situation est d’une extrême gravité dans plusieurs départements du pays, notamment dans l’Ouest, l’Artibonite, le Centre et le Sud-Est. Des villes entières sont attaquées, pillées ou abandonnées par leurs habitants. Des zones comme Mirebalais et Saut-d’Eau sont aujourd’hui le symbole d’un État en retrait, incapable d’assurer sa présence et son autorité.
Dans le département de l’Artibonite, la situation n’est plus simplement préoccupante, elle est désormais hors de contrôle. De Jean Denis à Carrefour Roger, des groupes armés imposent leur loi. Les massacres perpétrés à Pont-Sondé, à Kafou Pey (commune de Petite-Rivière de l’Artibonite), ainsi que dans la commune de Marchand-Dessalines illustrent l’ampleur de la violence. Plus de trois mille (3 000) familles ont été contraintes de fuir, abandonnées à elles-mêmes dans des conditions inhumaines.
Dans le Sud-Est, notamment à Marigot et à Seguin, les massacres répétés, les actes de violence et la paralysie des activités économiques témoignent d’un effondrement total de l’autorité de l’État. Les populations vivent dans la peur permanente, sans protection ni recours.
Plusieurs commissariats ont été détruits ou abandonnés, notamment dans les villes de province. Là où ils existent encore, les effectifs policiers sont quasi inexistants et les agents ne disposent ni d’équipements adéquats ni de moyens opérationnels. Cette situation s’inscrit dans une problématique plus ancienne : depuis la création de la Police Nationale d’Haïti, en dehors des grands centres urbains, de nombreuses villes de province n’ont jamais réellement bénéficié d’une présence policière suffisante et effective.
Dès lors, une question fondamentale se pose : que fait réellement l’État du budget alloué à la Police Nationale d’Haïti, estimé à près de trente-trois (33) milliards de gourdes, soit environ neuf pour cent (9 %) du budget national ?
Dans ce contexte, la responsabilité du Conseil des ministres et du Premier Ministre est directement engagée. En tant que Gouvernement, il leur revient d’assurer la coordination des politiques publiques, la sécurité des citoyens et le bon fonctionnement des institutions. L’absence de résultats concrets dans ces domaines constitue une défaillance grave dans l’exercice de leurs fonctions.
Sur le plan économique, la situation est tout aussi alarmante. L’État haïtien engage à maintes reprises des dépenses considérables sans que celles-ci ne produisent des résultats visibles ou mesurables au bénéfice de la population. Cette gestion des ressources publiques, déconnectée des réalités du pays, renforce le sentiment d’abandon au sein de la population.
La hausse du carburant entraîne une inflation généralisée, plongeant des milliers de familles dans une précarité extrême. Les travailleurs ne parviennent plus à vivre dignement de leurs salaires, tandis que le coût de la vie ne cesse d’augmenter, aggravant davantage les inégalités sociales et fragilisant l’ensemble du tissu économique.
De plus, la fermeture de l’aéroport international traduit le niveau de paralysie auquel est confronté le pays. Elle accentue son isolement et entrave significativement les activités économiques ainsi que le fonctionnement normal des institutions.
Sur le plan politique, les actions engagées depuis le début de la transition peinent à produire des résultats concrets et visibles. Cette situation alimente de sérieuses interrogations quant à l’efficacité et à l’orientation de la gouvernance actuelle. Dès lors, une question fondamentale se pose : à quoi servent réellement ces dépenses publiques, si elles ne se traduisent pas par des améliorations concrètes dans la vie des citoyens ?
Sur le plan électoral, COPPOS-HAÏTI ET ALLIÉS estime que le processus électoral doit se poursuivre sans interruption. La transition politique prolongée n’est pas une solution viable pour le pays. Depuis la mort du Président Jovenel Moïse, aucun grand chantier structurant n’a été véritablement mis en œuvre, ce qui illustre les limites d’une gouvernance de transition prolongée.
Dans cette perspective, il revient au Conseil des ministres et au Premier Ministre de définir, en concertation avec le Conseil Électoral Provisoire (CEP), un modus operandi clair, efficace et réaliste, permettant de faciliter l’avancement du processus électoral.
COPPOS-HAÏTI ET ALLIÉS lance un appel pressant à la communauté internationale, en particulier aux États-Unis d’Amérique, partenaire stratégique d’Haïti, afin de fournir une assistance sécuritaire, coordonnée et décisive en faveur du peuple haïtien.
Face à cette situation exceptionnelle, COPPOS-HAÏTI ET ALLIÉS appelle à un sursaut immédiat des autorités. L’heure n’est plus aux discours, mais aux décisions, ainsi qu’à l’ouverture d’un dialogue franc, inclusif et participatif, afin que toute la lumière soit faite sur la situation et que des solutions durables puissent être dégagées.
Le peuple haïtien ne peut plus attendre.

POUR AUTHENTIFICATION
Patrick Sully W. JOSEPH
Président
COPPOS-HAΪTI ET ALLIÉS